Alexandra
Responsable méthodes

Enfant, Alexandra était fascinée par les moteurs de la fusée Ariane fabriqués tout près de chez elle à Vernon. Aujourd’hui, elle est manager chez Safran Nacelles. Elle a tracé sa voie sans douter. Promue à son retour de congé maternité, elle incarne une industrie exigeante, humaine…et pleine de défis.

“Je suis là parce que j’ai les compétences.”
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Alexandra
Responsable méthodes
“Je suis là parce que j’ai les compétences.”

Enfant, Alexandra était fascinée par les moteurs de la fusée Ariane fabriqués tout près de chez elle à Vernon. Aujourd’hui, elle est manager chez Safran Nacelles. Elle a tracé sa voie sans douter. Promue à son retour de congé maternité, elle incarne une industrie exigeante, humaine…et pleine de défis.

Qui est Alexandra ?

• Elle a choisi l’industrie et la production pour voir les choses se faire, pas juste les penser.

• Souvent, elle est la seule femme en réunion mais cela ne l’arrête pas.

• Elle embarque ses équipes sans chercher à tout contrôler.

• Aujourd’hui, elle est manager chez Safran Nacelles.

Son point fort : une adaptabilité totale, elle passe du terrain au management sans jamais se perdre.

Son état d’esprit : “Ne nous mettons pas de barrières.”

L’industrie était-elle une évidence pour vous ?

Pas vraiment une évidence, mais j’avais un attrait fort pour elle. J’ai grandi à Vernon, près de la SNECMA (Safran Spacecraft Propulsion). Des parents d’amis travaillaient sur les moteurs d’Ariane. J’ai pu effectuer des échanges à Liège (Belgique) et Augsbourg (Allemagne) où il y avait des sites Ariane. Et ça m’a bien plu. Voir des fusées décoller, des avions voler, ça m’impressionnait et je voulais faire partie de cette aventure.

Et après le lycée, vous avez continué dans cette voie ?

J’ai fait une prépa scientifique puis une école d’ingénieur généraliste, les Mines d’Alès. Mes stages m’ont confirmé que je voulais du concret, pas juste travailler au bureau d’études. Voir les pièces se fabriquer, mettre en application ce qu’on apprend, c’était ça qui m’attirait. J’ai donc poursuivi dans la production.

Aujourd’hui, vous êtes manager dans un environnement très masculin. Comment vivez-vous cette position ?

Oui, je suis souvent la seule femme en réunion. Mais ça ne me met pas de pression. Je suis là pour mes compétences, pas parce que je suis une femme. Ce n’est pas une posture, c’est ce que je ressens vraiment. Je ne me suis jamais dit “je suis une femme dans l’industrie, c’est fou”. C’est mon parcours. J’ai postulé et je suis là parce que j’ai les compétences.

Au sein de votre entreprise, vous avez participé à une formation réservée aux femmes. Qu’est-ce que cela a changé ?

Oui, ça s’appelle Safran Talent Boost Junior. L’objectif : mettre en avant les jeunes potentiels. Les échanges ont été précieux. Ça m’a permis de prendre du recul, de réaliser que parfois on se met des barrières et on ne devrait pas. On ne devrait pas se freiner. Fonçons !

Vous avez été promue à votre retour de congé maternité. Une belle surprise ?

Oui, et non. J’avais posé quelques jalons avant de partir. J’avais discuté avec mes managers, pour leur dire que je ne voulais pas revenir au même poste. J’avais besoin d’un challenge. Et pendant mon congé, ils m’ont téléphonée pour m’informer qu’un poste de manager était ouvert. J’ai postulé, passé les entretiens et j’ai été prise. On peut dire que je suis devenue manager entre deux biberons (rire).

Comment conciliez-vous cette nouvelle fonction avec votre vie de mère ?

C’est un équilibre à construire. J’ai la chance d’avoir un bon binôme à la maison, on s’organise. Il faut accepter que tout ne soit pas parfait. Savoir partir plus tôt quand il faut, rattraper plus tard. L’entreprise est souple, mes managers sont à l’écoute. Et surtout, il faut en parler. Quand j’ai annoncé ma grossesse, je m’en étais fait une montagne. Mais tout le monde a été ravi. Ça m’a appris à poser les choses.

Je ne me suis jamais dit “je suis une femme dans l’industrie, c’est fou”.

"On peut dire que je suis devenue manager entre deux biberons (rire)."

À vous écouter, être une femme serait une force ?

Je pense que certaines des qualités qui me sont attribuées sont vues comme féminines : l’écoute, l’adaptation, le lien. Mais ce ne sont pas des qualités “de femme”, ce sont des qualités humaines avant tout. Si c’est un peu tendu dans un atelier, une femme va faire passer un message plus facilement. Mais elle doit avoir un argumentaire solide. Être une femme n’est pas une fin en soi. Ce qui compte, c’est d’être légitime et compétente.

Quel rôle avez-vous envie de jouer dans la féminisation de l’industrie ?

Un rôle actif. J’aimerais aller plus souvent dans les lycées, parler aux jeunes. Je me rends compte qu’il y a peu de filles qui postulent. Ce n’est pas qu’on ne les recrute pas : c’est qu’elles ne candidatent pas. Il faut plus de modèles. Moi, je suis partie sans modèle. Je veux montrer que c’est possible, que c’est compatible avec une vie de famille.

Et dans dix ans, que ferez-vous ?

Toujours dans l’industrie, ça, c’est sûr. J’espère que ce sera toujours un poste avec du contact humain, de la complexité. Peut-être pas forcément dans l’aéronautique, mais toujours un secteur qui m’apporte du challenge.