Aurélie
Technicienne méthode vision

À 18 ans, Aurélie rêvait de kinésithérapie et d’Allemagne. Un concours raté, un salon pour l’emploi, un CV déposé, elle découvre l’électronique… et ne la quittera plus. Depuis, elle évolue, de l’atelier à la programmation, puis aux méthodes. Et demain ? Elle se voit responsable. Toujours avec les pieds sur terre.

“On m’a laissé ma chance. Maintenant, je veux aller encore plus loin.”
Fermer
Fermer le portrait
Aurélie
Technicienne méthode vision
“On m’a laissé ma chance. Maintenant, je veux aller encore plus loin.”

À 18 ans, Aurélie rêvait de kinésithérapie et d’Allemagne. Un concours raté, un salon pour l’emploi, un CV déposé, elle découvre l’électronique… et ne la quittera plus. Depuis, elle évolue, de l’atelier à la programmation, puis aux méthodes. Et demain ? Elle se voit responsable. Toujours avec les pieds sur terre.

Qui est Aurélie ?

• Elle voulait devenir kiné, elle est devenue technicienne méthode vision dans l’électronique.

• À un concours, il lui a manqué trois points… et sa vie a changé.

• Quelques mois auparavant, elle s’était “incrustée” dans le monde industriel et ça lui avait déjà plu.

• Aujourd’hui, elle aime se laisser surprendre par ses journées qui ne se ressemblent jamais.

• Elle travaille chez SCAITA, une société dédiée à la fabrication de cartes, faisceaux et câbles électroniques.

• Son état d’esprit : “Quand on laisse une chance aux gens, ils peuvent vraiment montrer de quoi ils sont capables.”

Tu voulais travailler dans le médical et tu te retrouves dans l’industrie. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je voulais suivre des études de kiné en Allemagne mais j’ai raté mon concours d’allemand de trois points, ça ne s’est donc pas fait. Ensuite, un peu par hasard, je suis allée à un salon pour l’emploi organisé dans ma ville, avec mon CV. J’y ai rencontré ESTELEC Groupe et SCAITA, l’entreprise où je travaille encore aujourd’hui. L’électronique, je ne connaissais pas vraiment, mais j’avais déjà fait quelques mois en Suisse dans ce domaine, alors j’ai tenté. Et ça m’a plu tout de suite.

Qu’est-ce qui t’a plu ?

C’était concret, varié, jamais monotone. Et surtout, j’ai senti qu’on me faisait confiance. J’ai toujours été plus attirée par le travail que par les études. J’ai eu plein de petits boulots, et là, je suis vite montée en compétences. J’ai commencé en production, puis on m’a proposé de passer à la programmation, puis aux méthodes. On m’a laissé ma chance. Ça a fait toute la différence. Maintenant, je veux aller encore plus loin.

Tu as évoqué une première expérience en Suisse. C’était quoi précisément ?

Dans notre famille, quelqu'un connaissait un responsable de cette entreprise suisse. Mon frère cherchait un petit job et moi je n’avais rien à faire pendant deux semaines. J’ai donc demandé à cette personne si elle ne recherchait pas quelqu'un d'autre. J’ai osé et ça a marché. Normalement, j'aurais dû rester deux semaines, ça c'est fini en sept mois dont cinq mois en électronique. Je suis vraiment tombée là-dedans par hasard et le hasard a vraiment bien fait les choses.

Tu t’es formée sur le terrain ?

Oui. J’ai été formée par des collègues, puis par mon responsable. Et un peu en autodidacte aussi, en allant chercher, en testant. Je suis quelqu’un de curieux, j’aime bien comprendre les choses. Quand on me fait confiance, j’ai toujours envie de me dépasser.

En tant que femme, as-tu dû surmonter des freins ou des doutes ?

Non, pas vraiment. Je n’ai jamais eu de souci. J’ai travaillé avec des hommes en Suisse, et ici l’atelier est surtout féminin. Il y a peut-être eu des doutes au début, parce que j’étais jeune mais je ne l’ai pas ressenti. Peut-être qu'ils se disaient : “OK, c'est une femme mais ce n’est pas grave, on va voir et on avisera.” Eh bien, ils ont vu et ils m’ont fait confiance (sourire).

As-tu un secret qui explique cette réussite ?

J’assume mes erreurs. Si j’en fais une, je la retiens pour ne pas la commettre la prochaine fois. Et puis les doutes ne me font pas peur. Je pars du principe que, dans la vie, il faut douter pour s'améliorer. Certes, je veux toujours que tout soit parfait mais on ne peut pas être toujours parfaite, ce n’est pas possible.

"Et surtout, j’ai senti qu’on me faisait confiance."

"Je suis quelqu’un de curieux, j’aime bien comprendre les choses."

Où t’imagines-tu dans cinq ans ?

Toujours ici, j’espère. Mais avec plus de responsabilités. Être responsable, manager une équipe, pourquoi pas? J’ai encore beaucoup à apprendre, mais tant que j’avance, je suis bien. Et dans l’industrie, j’évolue.

Si tu devais parler de ton métier et de ta vie à une jeune fille, que lui dirais-tu ?

Je lui dirai de ne pas croire que l’industrie est un secteur réservé aux hommes. Là où je travaille, notre effectif est majoritairement féminin et ça fonctionne très bien. Il faut qu’on enlève cette étiquette. Quand on est motivée, c’est comme partout, on peut travailler dans l’industrie. Ce n’est pas plus compliqué qu’ailleurs.