En sachant ce que je ne voulais plus faire.
Lilou n’avait jamais imaginé devenir soudeuse. Une semaine de stage a tout bousculé : ses projets, ses envies. À 20 ans, elle est aujourd’hui la seule fille soudeuse de son atelier. Elle a un regret : ne pas avoir commencé plus tôt. Elle a plein de projets et ils ne sont jamais loin de la soudure.
Lilou n’avait jamais imaginé devenir soudeuse. Une semaine de stage a tout bousculé : ses projets, ses envies. À 20 ans, elle est aujourd’hui la seule fille soudeuse de son atelier. Elle a un regret : ne pas avoir commencé plus tôt. Elle a plein de projets et ils ne sont jamais loin de la soudure.
• Lilou rêvait de travailler dans l’immobilier, puis elle s’est tournée vers le commerce.
• Après une expérience dans le monde des assurances, elle a tout plaqué pour l’industrie métallurgique.
• Après une formation à l’Institut de Soudure, elle a décroché un CDD chez SGM.
• Elle est la seule fille parmi 48 hommes… et tout se passe très bien.
• Elle aime bien observer la réaction des personnes lorsqu’elle leur apprend qu’elle est soudeuse.
• Son état d’esprit : “Ne tenons pas les jeunes filles à distance de nos métiers. Invitons-les dans nos usines.”
En sachant ce que je ne voulais plus faire.
Avec mon Bac SPVL (Service de Proximité et Vie Locale), je voulais d’abord me diriger vers l'immobilier. Puis, j’ai choisi de faire un BTS NDRC (Négociation et Digitalisation de la Relation Clients) pour m’orienter vers le commerce. J’ai travaillé pendant deux ans dans les assurances mais, en fait, rester assise derrière un bureau, ça ne m'a pas du tout plu. Je voulais rompre avec ça.
Je connaissais des gens autour de moi qui travaillaient dans l’industrie… J’avais notamment un ami soudeur. Il m’a dit : “Tu devrais tenter.” J’ai participé à un programme France Travail “Femmes de l’industrie”. J’ai visité l’entreprise SGM. J’ai tout de suite adoré et ils m’ont alors proposé de venir faire un stage.
Oui. Pendant ce stage d’une semaine j'ai adoré ce que je faisais. Dans la foulée, SGM m'a proposé un contrat pro. Et, après quelques mois, je suis aujourd’hui en CDD.
Au début, un petit peu. Mais j’ai du caractère. Donc, j'ai vite su me débrouiller. Et puis, dans l’entreprise tout s’est bien passé. Tout est nickel. Tout le monde a été hyper accueillant avec moi. Je suis la seule fille dans l’atelier, au milieu de 48 garçons. Franchement, ils sont adorables avec moi. C'est un truc de malade. Ils sont parfaits.
Je suis soudeuse.
"J’ai tout de suite adoré et ils m’ont alors proposé de venir faire un stage."
"C'est un travail véritablement collectif."
Mon esprit d'équipe parce que c'est un travail véritablement collectif. Et puis, ma motivation parce que sans elle tu auras du mal à réussir.
Ah oui, la soudure est un métier très important. On ne se cache pas dans la soudure. Sur tous nos travaux, on écrit notre nom. Sur chacun de mes dossiers, je note Lilou. Comme ça, si c’est bien ou s’il y a un défaut, on sait que c’est moi.
Oui, j’aimerais vite pouvoir être autonome, pouvoir souder toute seule. Ensuite, j’aimerais bien faire des missions et des déplacements avant de devenir cheffe d’équipe. Et plus tard, pourquoi pas monter ma boîte ? Plus je découvre ce métier, plus j'aime ce que je fais.
Au début, mes parents ne me croyaient pas trop. Ils me disaient: “Ce n'est pas possible, tu ne vas pas faire ça. C'est un métier d'homme.” Maintenant, ils sont contents et fiers lorsqu’ils disent: “Ma fille est soudeuse.” Je vis ça aussi. Lorsque je dis à des inconnus que je suis soudeuse, je me rends compte qu’ils sont gentiment choqués.
Exactement. C'est tellement rare de voir des filles soudeuses que les gens sont étonnés et en même temps très contents de découvrir qu’une femme peut exercer ce métier. Mais si c’était à recommencer, j’irais directement dans cette voie après mon bac. En tant que fille, on ne m’avait jamais parlé des métiers de la métallurgie. Il serait bien de proposer aux filles quelques jours d'essai dans nos sites et nos usines pour qu’elles apprécient par elles-mêmes.
Oui, c’est un métier qui laisse du temps à la vie personnelle. En contrat pro, je commençais à 8h et je finissais à 15h30. Maintenant que je suis salariée, je travaille soit le matin (6h-13h), soit l’après-midi (13h-20h). Je ne suis pas tout le temps au travail. Ma vie perso n’a rien à voir avec ma vie pro. Au boulot, je retrousse mes manches, mais quand je rentre chez moi, je redeviens une jeune fille de 20 ans. (sourire)
"Plus je découvre ce métier, plus j'aime ce que je fais."
"En tant que fille, on ne m’avait jamais parlé des métiers de la métallurgie."