Miriam
Opératrice référente

Miriam vendait des jouets avant d’entrer dans l’industrie. Elle a toujours voulu “s’en sortir” comme elle dit. L’industrie lui a offert cette stabilité essentielle à sa vie et à celle de ses enfants. Entre soudure, entraide et ambition, elle a pu évoluer et s’épanouir. Aujourd’hui opératrice référente chez Renault, elle ne se fixe pas de limites.

“Quand on me dit ‘tu ne peux pas’, je le fais deux fois plus fort.”
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Miriam
Opératrice référente
“Quand on me dit ‘tu ne peux pas’, je le fais deux fois plus fort.”

Miriam vendait des jouets avant d’entrer dans l’industrie. Elle a toujours voulu “s’en sortir” comme elle dit. L’industrie lui a offert cette stabilité essentielle à sa vie et à celle de ses enfants. Entre soudure, entraide et ambition, elle a pu évoluer et s’épanouir. Aujourd’hui opératrice référente chez Renault, elle ne se fixe pas de limites.

Qui est Miriam ?

• Elle a découvert l’industrie grâce à une formation d’insertion.

• Elle a élevé seule ses enfants tout en travaillant en 2x8.

• Elle est devenue opératrice référente chez Renault et ne souhaite pas s’arrêter là.

• Son point fort : elle avance, même quand on lui dit qu’elle ne peut pas.

• Son état d’esprit ? “Si on te dit que tu n’as pas ta place, crée-la.”

L’industrie, ce n’était pas une évidence pour vous ?

Non, je travaillais dans un magasin de jouets. Mais en 2013, j’ai perdu ma mère, j’ai quitté Montpellier et j’ai tout recommencé au Havre. J’ai eu deux enfants, j’ai arrêté de travailler, mais après une séparation difficile, j’ai décidé de me reprendre en main. Je suis allée voir France Travail. C’est là que j’ai entendu parler d’Humando, un organisme qui proposait des formations dans l’industrie à des femmes. Je me suis lancée.

Mais vous n’y connaissiez rien ?

Rien du tout. Je ne savais même pas ce qu’était un burin. Mais j’ai vite appris. J’ai fait un CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) chez Renault, en alternance. Ensuite, j’ai été prise en intérim, puis en CDD, et enfin embauchée. Aujourd’hui, je suis opératrice référente. Je forme les nouveaux, je transmets ce que j’ai appris.

Vous travaillez en tôlerie, un environnement réputé physique. Était-ce difficile au début ?

Oui. Je suis arrivée toute fine, sans expérience, et certains disaient “Elle ne va pas tenir”. Et c’est vrai, les premiers jours, j’étais fatiguée. Mais je me suis accrochée. Je voulais m’en sortir. Je me suis dit : je vais me rendre indispensable. J’ai dit à mon tuteur : “Je veux que les gens sachent que je sais travailler à tous les postes.” J’ai même pris des fonctions que certains hommes ne veulent pas faire. Je ne veux pas qu’on me traite différemment parce que je suis une femme.

Et côté vie perso, l’industrie était compatible avec votre rôle de maman solo ?

Au début c’était compliqué. Je faisais du 2x8, je partais à 4 h 30, je n’avais pas de crèche adaptée. J’ai dû trouver un système de garde particulier qui me coûtait une grande partie de mon salaire. Mais je voulais réussir, montrer à mes enfants que je m’en sortais. Aujourd’hui, ils sont plus grands, j’ai le permis, une voiture, on part en vacances… Je suis fière de ça.

On vous sent très engagée dans votre travail. Vous avez des projets ?

Oui. Je veux devenir CIS (conductrice d’installation), gérer des zones robotisées. J’ai déjà suivi des formations, et même quand je ne suis pas en formation, je vais voir les titulaires, j’observe, j’apprends. Je veux être capable d’être autonome sur mon poste. Et pourquoi pas devenir formatrice, j’aime ça.

Qu’apportez-vous à votre équipe ?

De la rigueur. Je suis trop maniaque (rire). Je veux que les postes soient propres, prêts pour la personne suivante. Le respect, c’est essentiel. Et puis j’organise aussi des petits goûters parce que j’aime que l’ambiance soit bonne. On tourne sur les postes, on s’entraide, et ça se passe bien.

"Je ne veux pas qu’on me traite différemment parce que je suis une femme."

"Quand je vois un Trafic dans la rue, je me dis “Peut-être que c’est moi qui ai fait la pièce.” (rire)."

Dans votre travail, il y a encore peu de femmes. Comment le vivez-vous ?

Au début, il y a eu des a priori mais je les ai dépassés. Mon chef me dit souvent “Toi, je sais que tu sais te débrouiller, je ne m’inquiète pas pour toi.” C’est vrai que si on me dit “Tu ne peux pas”, je vais le faire deux fois plus fort. Je suis là pour rester.

Et cette énergie, ça se transmet ?

Oui, ma fille veut travailler dans l’industrie, dans l’aéronautique plus précisément. Elle a déjà fait deux stages ici. Et je suis très fière d’elle. Peut-être que le fait de me voir travailler ici l’a inspirée. En tout cas, elle a de bonnes notes, elle sait ce qu’elle veut. Moi je lui dis “Fonce.”

Et si c’était à refaire ?

Je referais à l’identique. L’industrie m’a permis de me reconstruire, de me projeter. J’ai appris un métier, j’ai repris confiance. Quand je vois un Trafic dans la rue, je me dis “Peut-être que c’est moi qui ai fait la pièce.” (rire). Si c'était à recommencer, je le referai sans hésiter.